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Monia Touiss

19/02/2016 - 26/03/2016
Paisajes celestes
Los hombres somos impensables sin nuestra relación con los cielos. En un extremo está el cielo nocturno con la luna, las estrellas, las constelaciones y las galaxias en los que hemos buscado y hallado durante milenios los signos y los símbolos de un orden superior, cuyo desciframiento y lectura paradójicamente desde siempre se nos han mostrado esquivas. Y en el otro extremo está el cielo diurno, afirmativo y diáfano, donde manda el sol al que tantos han rendido como si fuera el dios omnipotente por excelencia por su irremplazable capacidad de alentar la vida y fecundarla. A esta división crucial no han sido, no pueden ser ajenos los pintores, criaturas de la luz solar y creadores ellos mismos de unas luces que rivalizan con la del sol en la prodigiosa tarea de sacarle color a las cosas. Inclusive el de aquellas que están a punto de desaparecer en la oscuridad siempre inquietante de la noche, tal y como lo hacen los pintores que aceptan el arriesgado desafío de pintar la noche. O de pintar los engendros con los que la noche puebla de apariciones, demonios y fantasmas tantos mitos y leyendas y tantas pesadillas.
Monia Touiss no es sin embargo una pintora nocturna sino, por el contario, una pintora diurna.Y más precisa y decididamente una pintora celeste, una pintora de los colores del cielo. Los más ingrávidos, los más transparentes, los más inconsistente y fugaces: los frutos exclusivos de las ilusiones ópticas. Como la pintura misma que, en definitiva, no es más y desde luego nada memos que ilusión óptica. Y que por lo mismo puede sino sentirse a gusto en los cielos donde sobre un lienzo de azules insondables las nubes se dan a la tarea interminable de componer paisajes eternamente cambiantes, en las que siempre creemos descubrir formas que nos resultan familiares. Como ocurrió con esa nube en la que Hamlet y Polonio creyeron ver un camello, que se convirtió en comadreja antes de transformarse en una ballena.
La pasión de las nubes por la metamorfosis reaparece en la pintura de grandes y turbulentas manchas de color de Monia Touiss, que a nuestros ojos adquieren una forma que de inmediato se desvanece para dar dando paso a otra igual de evanescente y sugerente. Mareta Espinosa ha conectado esta característica de su obra con “su vida, sus experiencias, sus viajes, su nomadismo y su inquietud por todo lo nuevo”.
Carlos Jiménez



Paysages célestes
Nous, les hommes, sommes impensables sans notre relation avec les cieux. Dans un extrême il y a le ciel nocturne avec la lune, les étoiles, les constellations et les galaxies dans lesquelles nous avons cherché et trouvé pendant des millénaires les signes et les symboles d’un ordre supérieur dont le déchiffremment et dont la lecture paradoxalement depuis toujours n’ont pas été faciles, et dans l’autre extrême il y a le ciel diurne, affirmatif et diaphane là où le soleil commande, ce soleil auquel beaucoup de monde s’est rendu comme si c’était le dieu omnipotent par excellence grâce à son irremplaçable capacité d’encourager la vie et la féconder. A cette division cruciale, n’ont pas été et ne peuvent être étrangers les peintres, créatures de la lumière solaire et créateurs eux même de certaines lumières qui rivalisent avec celle du soleil dans la prodigieuse tâche de tirer la couleur des choses y compris de celles qui sont au point de disparaître dans l’obscurité toujours inquiétante de la nuit, tel que le font les peintres qui acceptent le défi risqué de peindre la nuit ou de peindre les monstres avec lesquels la nuit peuple d’apparitions, diables et fantômes tant de mythes et légendes et tant de cauchemars.
Monia Touiss n’est pas cependant une peintre nocturne mais au contraire c’est une peintre diurne, plus précise et décidément une peintre céleste, une peintre des couleurs du ciel, les plus légères, les plus transparentes, les plus inconsistentes et fugaces: les fruits exclusifs des illusions optiques, comme la peinture même qui, en fin de compte, n’est pas plus qu’une illusion optique et bien sûr elle n’en est pas moins, et que pour la même raison elle ne peut faire autrement que se sentir à l’aise dans les cieux où sur une toile des bleus insondables les nuages se consacrent à la tâche interminable de composer des paysages éternellement changeants dans lesqueles nous croyons toujours découvrir des formes qui nous sont familiers tel le cas de ce nuage sur lequel Hamlet et Apollon ont cru voir un chameau qui est devenu une belette avant de devenir une baleine.
La passion des nuages par la métamorphose réapparaît dans la peinture des grandes et turbulentes taches de couleur de Monia Touiss qui, à notre avis, acquièrent une forme qui est dissipée immédiatement pour laisser la place à une autre forme également évanescente et suggestive. Mareta Espinosa a trouvé cette caractéristique de son oeuvre dans “sa vie, ses expériences, ses voyages, son nomadisme et son inquiétude pour tout ce qui est de nouveau”
Carlos Jiménez

Monia Touiss